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Tout savoir sur les Infections sexuellement transmissibles

3 janvier 2011

Longtemps absentes des discours et des messages de prévention, les lesbiennes ont pu se croire, à tort, épargnées par les infections sexuellement transmissibles. La réalité est bien différente. Selon les enquêtes les plus récentes (Enveff et CSF 2006), les femmes qui déclarent des pratiques homosexuelles ont un nombre plus important de partenaires et une prévalence plus élevée d’IST que les femmes qui n’ont eu que des partenaires masculins. 
Il y aurait quatre fois plus d'IST chez les FSF que chez les femmes hétérosexuelles.

QUELLES SONT LES PRINCIPALES IST?
Elles peuvent avoir pour origine des virus ou des bactéries.

  • Papillomavirus (HPV)

Le HPV se transmet par voie sexuelle: échanges d’objets sexuels, cunnilingus, frottement entre deux sexes et masturbation réciproque. Le HPV se manifeste par de petites verrues indolores qui ne sont pas toujours visibles. Ces condylomes peuvent se développer sur la vulve, dans le vagin, sur le col de l’utérus, dans l’urètre ou au niveau de l’anus. Le dépistage des condylomes du col se fait par un frottis.

Il n’existe aucun traitement qui éradique le virus. Les traitements actuels consistent en la destruction des condylomes par cryochirurgie (azote liquide), bistouri électrique ou laser. Les récidives sont possibles, un suivi est donc nécessaire.
La proportion de transmission de HPV chez les lesbiennes oscille entre 13 % et 30 % (dont 6 %
n’ayant jamais eu de rapports sexuels avec des hommes), selon les enquêtes. Or les conséquences du HPV peuvent être graves (cancers du col de l’utérus).
Sans remplacer la surveillance par frottis, les vaccins Gardasil® et Cervarix® offrent une protection supplémentaire. Le 9 mars 2007, le Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France (CSHPF) et le Comité technique des vaccinations (CTV) recommandent la vaccination généralisée des jeunes filles de 14 ans contre les Papillomavirus Humain (types 6, 11, 16, 18). Ce même avis recommande de proposer la vaccination également aux jeunes filles et jeunes femmes de 15 à 23 ans qui n'auraient pas eu de rapports sexuels ou au plus tard, dans l'année suivant le début de leur vie sexuelle.

Le CSHPF et le CTV rappellent par ailleurs que la vaccination ne se substitue pas au dépistage qui doit être effectué chez les femmes, vaccinées ou non. Les deux vaccins sont remboursés à 65% par la Sécurité sociale. Mais attention, même vaccinée, vous devez toujours continuer à faire pratiquer régulièrement un frottis.

  • Herpès labial/génital

En cas de bouton de fièvre sur les lèvres, évitez les cunnilingus sans protection et les baisers, l’herpès labial pouvant contaminer les organes génitaux. En cas de présence de vésicules sur les parties génitales, évitez tout rapport sexuel non protégé durant la poussée et pendant environ les deux semaines qui suivent. Évitez l’échange d’objets sexuels sans protection, de linge ou d’objets de toilette. Quelques jours après la transmission, de petites vésicules apparaissent sur les lèvres, sur la vulve, dans le vagin, dans la bouche ou dans l’anus. Ces vésicules se rompent, puis sèchent en croûtes brunâtres qui disparaissent dans les deux semaines. Les récidives sont fréquentes et apparaissent souvent en période de fatigue.
Le diagnostic repose sur l’aspect très suggestif des lésions. Une confirmation par prélèvement local (laboratoire ou consultation IST) est possible en cas de doute. Il n’y a pas de guérison définitive de l’herpès. Des médicaments sous forme de crème ou de comprimés peuvent réduire la durée de la crise. Si les récidives sont fréquentes, un traitement oral préventif permet de les diminuer.

  • Hépatite B (VHB)

Le VHB peut se transmettre lors de rapports sexuels non protégés. Il est présent dans les sécrétions sexuelles et la salive. Souvent l’hépatite B ne donne aucun symptôme et le diagnostic est fait par des examens sanguins. Parfois, elle provoque une «jaunisse» : la peau, les yeux deviennent jaune foncé, de même que les urines alors que les selles deviennent très claires ; ces signes s’accompagnent d’une grande fatigue et de fièvre.

Dans 80 % des cas, une hépatite B guérit toute seule et ne laisse aucune séquelle. Dans 20 % des cas, le virus continue de détruire le foie et peut entraîner, à long terme, une cirrhose ou un cancer du foie. Il existe des traitements anti-VHB en cas d’hépatite B chronique.

Le vaccin préventif, disponible en pharmacie, est vivement conseillé pour les personnes les plus exposées (notamment les personnes sexuellement actives avec plusieurs partenaires) et qui n’ont pas été vaccinées dans l’enfance (le vaccin consiste en deux injections séparées d’un mois et d’un rappel à six mois ; il est remboursé par la Sécurité sociale à 65%).

  • Hépatite C (VHC)

L’hépatite C (VHC) dont la transmission se fait par la sang, est possible quand il y a rapport « traumatique » (c'est-à-dire abîmant ou blessant les muqueuses) ou en période menstruelle serait plus élevée chez les FSF que chez celles n’ayant jamais eu de rapports homosexuels. L'hépatite C est chronique dans près de 80% des cas et non traitée, elle peut entraîner, à long terme, une cirrhose ou un cancer du foie. Il n'existe pas de vaccin contre l'hépatite C mais des traitements permettent de guérir ou de contrôler la maladie.
Éviter l’échange de sang! Utiliser des gants pour le fist.

  • Hépatite (VHA)

Le VHA est présent dans les selles et la salive. Ce virus peut facilement être transmis lors des rapports bouche-anus non protégés, parfois par le baiser.

Le plus souvent, l’hépatite A se traduit par les symptômes suivants : fièvre, nausées, jaunisse, fatigue, diarrhées, urines foncées, selles décolorées, perte de poids. Le dépistage se fait par une prise de sang.
Il n’existe aucun traitement de l’hépatite A. La guérison est le plus souvent spontanée après quelques semaines. Il n’existe pas de forme chronique.

Un vaccin préventif contre l’hépatite A est disponible en pharmacie sur prescription médicale. Il n’est pas remboursé par la Sécurité sociale. Il est conseillé avant tout voyage en zone d’endémie.

  • VIH

La transmission sexuelle se fait par le contact entre un liquide infecté (sang, sperme, liquide pré-séminal, sécrétions vaginales) et une muqueuse (anus, vagin, vulve, gland, bouche). La transmission est également possible par le partage de matériel d’injection. Les piercings, tatouages, scarifications, etc. doivent être réalisés dans des conditions d’hygiène strictes.

Les cas de transmission lors de rapports sexuels entre femmes semblent très réduits. Mais, si vous en avez, protégez toujours vos rapports avec des hommes avec préservatif et gel.

Le dépistage consiste en une prise de sang 6 semaines après la prise de risque. Aujourd’hui, de nouveaux tests permettent de faire un diagnostic très précoce, à partir de 15 jours, dès le stade de la primo-infection. Il n’existe pas pour l’instant de traitement préventif ou curatif. Les traitements actuels ralentissent considérablement l’évolution du virus dans l’organisme mais ne l’éradiquent pas.

Dans les 48 heures après une exposition au VIH, un traitement d’urgence (prescription pendant un mois de médicaments anti-VIH) permet de réduire les risques de contamination.

LES BACTÉRIES

  • Chlamydiae

La transmission se fait exclusivement par voie sexuelle non protégée et par l’échange d’objets sexuels. Souvent, il n’y a pas de symptômes au début. Lorsqu’ils existent, ils sont non spécifiques : pertes vaginales, brûlures en urinant, fièvre, douleurs abdominales. Il existe un risque de stérilité si l’infection n’est pas soignée, ce qui nécessite un dépistage en cas de prise de risque. Le dépistage se fait à partir des urines ou d’un prélèvement vaginal (examen au spéculum), le traitement par des antibiotiques injectables ou oraux.

La chlamydiose est une des IST les plus répandues chez les femmes, mais on ne dispose pas de données concernant les FSF.

  • Gonocoque (chaude-pisse)

La transmission se fait presque exclusivement lors de rapports sexuels non protégés et par l’échange d’objets sexuels. Elle présente peu de symptômes au début, puis se manifeste par des pertes vaginales et des brûlures en urinant, de la fièvre, des douleurs abdominales. Le dépistage se fait par prélèvement vaginal (examen au spéculum), le traitement par antibiotiques injectables ou oraux.

  • Trichomonas

La transmission est essentiellement sexuelle, par l’échange d’objets sexuels ou d’objets de toilette. Les symptômes sont des écoulements abondants, mousseux, malodorants, des démangeaisons vulvaires et des douleurs lors des rapports sexuels.

Le dépistage se fait par prélèvement des sécrétions vaginales, le traitement par antiparasitaires.

  • Gardnerella (vaginites)

Entre femmes, la transmission peut se faire par l’échange de sécrétions vaginales (sexe contre sexe, masturbation réciproque, échange d’objets sexuels sans protection). Les symptômes habituels sont des pertes de couleur grisâtre ou brunâtre souvent malodorantes et des démangeaisons.

Le dépistage se fait par prélèvement vaginal et le traitement par antiparasitaires.

COMMENT SE PROTÉGER DES IST?

  • Le préservatif masculin

Il protège les rapports de pénétration avec des objets sexuels. Il convient d'utiliser le préservatif avec un lubrifiant à base d'eau ou de silicone. Changer de préservatif à chaque changement d'orifice ou de partenaire.

  • Le préservatif féminin

Il permet à chaque partenaire de se protéger lors des ébats sexuels. Il est parfois utilisé dans les rapports anaux, mais on n'en connait pas bien l'efficacité dans ce type de pratiques.

  • Le carré de latex ou digue dentaire

Comme le rappelle Clotilde Genon dans le chat sur Yagg: "La digue dentaire, c’est un carré de latex, dont l’objectif est de faire barrière entre la bouche et le sexe ou l’anus de la partenaire. Pour la fabriquer, il faut couper un préservatif masculin au niveau du réservoir puis dans le sens de la longueur. Vous pouvez utiliser un préservatif non lubrifié ou parfumé. Certaines personnes utilisent aussi du film alimentaire (non poreux, celui qui ne passe pas au micro-ondes) avec lequel on peut confectionner des digues dentaires sur mesure."

CE NE SONT PAS DES IST!

Des réflexes d’hygiène et un bon suivi gynécologique peuvent permettre d’éviter ces désagréments. Si ce ne sont pas à proprement parler des IST, il vaut mieux être attentives à leur manifestation et éviter les rapports sexuels non protégés quand on en est atteinte.

  • Mycoses

Malgré une idée très répandue, les mycoses et autres candidoses vaginales ne sont pas des IST. Elles sont liées à la prolifération de champignons microscopiques (candida) qui se trouvent naturellement dans le vagin et l’intestin. Une mycose se traduit le plus souvent par la vulve et le vagin rouges et gonflés. Des démangeaisons et des brûlures accompagnent des pertes blanchâtres ou crémeuses ; des douleurs peuvent être ressenties en urinant. Le traitement est basé sur des crèmes ou des ovules fongicides qui s’appliquent dans le vagin.

  • Cystite

Cette infection urinaire n'est pas une IST. Les cystites sont très répandues chez les femmes en raison de la proximité de l'anus, du vagin et de l'urètre.

LIENS UTILES

La brochure L du Crips consacrée aux IST
Sur Yagg TV, la vidéo de prévention d'Émilie Jouvet "Je protège mon sextoy"
La brochure sur le suivi gynécologique et IST du site santé pluriElle.
Voir la vidéo sur les Infections sexuellement transmissibles.

Le chat consacré aux IST avec les réponses de Clotilde Genon, de Sida Info Service.

Pour rester informée sur la campagne Comment ça va les filles?, rejoignez le groupe sur la communauté.

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2 Commentaires sur “Tout savoir sur les Infections sexuellement transmissibles”

  1. Je trouve l’article très explicite et bien articulé,mais je pense que vous avez ommis de stipuler que pour se protéger des IST il existe aussi les gants en latex lors des rapports sexuels »traditionnels »(ce n’est pas le terme que je voudrais employer donc désolée) ou lors des fist-fucking.

  2. Tout à fait d’accord. Nous parlons des gants pour le fist dans l’article, mais c’est clair qu’ils peuvent être utilisés pour d’autres types de rapports sexuels. Merci de votre lecture attentive.

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